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11/03/2010

Encore une table ronde sur le stress à la SNCF

Des discussions autour du stress au travail ont débuté en décembre suite aux demandes de la ministre de l’économie et du ministre du travail.

Durant ces discussions, les dirigeants de l’entreprise :

  • Suppriment plusieurs milliers d’emplois. (budget 2010) .
  • Continuent de soumettre les salarié-e-s à des restructurations en cascade qui désorganisent les services dans toutes les filières et occasionnent des pertes de repères aux conséquences graves pour les cheminot-e-s. (création des établissements infra circulation, fusions d’établissements, création d’établissements mono activités). .
  • Organisent le pillage du bien public en transférant des services réalisés par les cheminots à des sociétés de droits privés sans véritables contreparties (création d’opérateurs ferroviaires de proximité au fret, joint venture avec ibm qui privent d’emploi les cheminots des services informatiques et les salarié-e-s des entreprises prestataires).

Durant ces discussions nous déplorons plusieurs suicides de cheminots. Durant ces discussions, la direction a annoncé son intention de mettre en cause les conditions d’utilisation du personnel qui autorisent déjà des roulements de service difficiles à tenir pour les cheminot-e-s.

SUD-Rail a dénoncé, les manquements, dès le premier projet, d’un texte qui aurait du s’inscrire dans une démarche d’amélioration de la qualité de vie au travail et de la prévention du stress. Aborder cette question essentiellement sous l’approche du stress est très réducteur : il faut parler de souffrance au travail. Le texte final ne fait que promouvoir des remèdes patronaux pour aider les salarié-e-s à tenir malgré le mal-être au travail issue d’un management inhumain : il évite de mettre en question l’origine des situations de souffrance au travail subit par les salarié-e-s : l’organisation du travail et, dans la situation actuelle, devrions nous plutôt parler de désorganisation du travail au service du démantèlement de l’entreprise publique et de la recherche du profit financier à court terme.

Pour SUD-rail, on ne soigne pas une personne victime d’une fracture en lui administrant de la morphine, il s’agit juste alors d’atténuer la douleur. Il en va de même pour les salarié-e-s soumis à ces organisations du travail pathogènes. Les aides psychologiques ne font qu’aggraver les cas de dépressions et de décompensation lorsque rien n’est fait pour supprimer les organisations du travail à l’origine de la souffrance. Le refus par la direction de formaliser ce texte sous la forme d’un accord est révélateur de la non prise en compte des demandes des organisations syndicales. Ce texte, à défaut de répondre à l’urgence et à la gravité de la situation des salarié-e-s a juste vocation à répondre aux demandes de responsables gouvernementaux suite aux nombreux cas de suicides à France Télécom.

La fédération SUD-Rail dénonce par anticipation toute communication mensongère qui donnerait à penser que ce texte est le fruit d’une démarche partagée et aboutie avec les organisations syndicales. En tous cas pas avec SUD-Rail ! Au cours des discussions, les dirigeants ont justifié les restructurations au nom d’une réalité économique. Une telle justification, dès lors qu’elle met en exergue les difficultés des employeurs à répondre à leurs obligations en matière de préservation de la santé des salarié-e-s traduit l’urgence et la nécessité d’un changement de politique dans l’intérêt des salarié-e-s, des utilisateurs du transport ferroviaire et pour l’intérêt général. Nous avons quitté la réunion non sans avoir rappelé aux dirigeants leurs responsabilités vis-à-vis des cheminot-e-s. Nous mènerons une lutte sans répit contre l’inhumanité du management actuel à la SNCF dont les promoteurs quoi qu’ils s’imaginent, auront à répondre des conséquences.

Face aux désorganisations et à l’agressivité managériale, la résistance des salarié-e-s est nécessaire. SUD-Rail exige l’arrêt des restructurations en cours, c’est aussi pour cela que nous appelons les cheminot­e-s à la grève illimitée à partir du 23 mars.
Union syndicale ''Solidaires''

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